vendredi 19 septembre 2014

Ce qu'il ne fallait pas rater à Payerne...

Le meeting aérien qui s'est tenu à Payerne (Suisse) le dernier week-end d'août ainsi que le premier de septembre fut exceptionnel un à plus d'un titre. De par sa durée d'abord (plus d'une semaine) mais surtout par la qualité et la diversité des aéronefs présentés, en vol et au sol. Les organisateurs ont en effet réussi à faire venir une quantité phénoménale d'appareils uniques.
Il y a en Suisse une remarquable volonté de préserver et de valoriser le patrimoine aéronautique. Ce pays s'étant principalement fourni auprès de la France depuis les origines de l'aviation, il est aujourd'hui paradoxal (et même un peu triste) de constater que c'est en Suisse, et non en France, que sont conservés en état de vol des appareils aussi importants dans l'histoire de l'aviation française que le Morane-Saulnier 406 ou le Mirage III. Dans ce pays, les avions ne prennent pas la poussière dans les musées, ils volent !

En voici quelques-uns, dans le désordre, qu'il ne fallait surtout pas rater :
Une relique de la guerre froide : le chasseur bombardier soviétique à géométrie variable Sukhoi Su-22 Fitter. De tous les anciens pays du Pacte de Varsovie, la Pologne est le dernier à les utiliser.

L'un des hélicoptères les plus importants de l'histoire : l'Alouette II, premier hélicoptère à turbine. Il est l'ancêtre des productions actuelles d'Airbus Helicopter (ex-Eurocopter), 1er constructeur mondial.

Le chasseur North American P-51 Mustang de Frédérick Akary, la "cadillac du ciel" chargé d'escorter les bombardiers américains jusqu'au coeur de l'Allemagne durant la 2ème GM. Il est basé pas loin d'ici, à Avignon !

Le Lockheed Super Constellation, l'un des 4 en état de vol dans le monde et le seul en Europe. Cette véritable oeuvre d'art volante témoigne d'une époque où le "voyage" aérien n'avait pas encore cédé la place au "transport" aérien d'aujourd'hui ! Il est le premier avion de ligne véritablement transatlantique avec le DC-6.

Le futur de l'aviation ? Solar Impulse de Bertrand Piccard, le seul avion ayant une autonomie illimitée, de jour comme de nuit, car fonctionnant à l'énergie solaire, sans carburant.

Une autre icône de la guerre froide : le MiG-29 Fulcrum, toujours utilisé par de nombreux pays, dont la Pologne. Ce chasseur fut développé dans les années 70 pour contrer les F-16 ou autres Mirage 2000 occidentaux.

Le Douglas AD-4N Skyraider de Christophe Brunelière, basé à Avignon. Cet avion fut le dernier monomoteur à piston de combat et, à ce titre, fut considéré comme obsolète dès le début des années 50 par l'arrivée du turboréacteur. Néanmoins, il fut intensivement utilisé jusque dans les années 60 en Algérie et au Viêt-Nam.

Le De Havilland Vampire, l'un des premiers chasseurs à réaction utilisé, notamment, par l'armée suisse et l'armée de l'air française. Ce petit monoréacteur bipoutre avait la particularité d'être construit essentiellement en bois.

Evocation de la guerre du Pacifique avec ce chasseur Chance Vought F-4 U Corsair et ce bombardier B-25 Mitchell, devenus célèbres, pour le premier par les victoires de Pappy Boyington et la série télé "Les têtes brulées", et pour le second par le raid sur Tokyo à partir du porte-avions USS Hornet.

L'un des avions les plus importants de l'histoire de l'aviation française : le Mirage III. Celui-ci est l'un des 2 derniers en état de vol dans le monde, sur les 1500 construits. Le Mirage III est devenu un avion de légende à l'occasion de la guerre des Six-Jours (1967), lorsque les Israéliens ont réduit à néant les aviations égyptiennes et syriennes en quelques heures grâce à cet avion.

L'un des avions parmi les plus importants de l'histoire de l'aviation : le Messerschmitt 262, premier avion à réaction opérationnel de l'histoire. Sa configuration très innovante pour l'époque préfigure celle des avions de ligne d'aujourd'hui : moteurs sous les ailes, ailes en flèche, train tricycle, empennage classique... Sa vitesse dépassait très largement celle des meilleurs chasseurs alliés comme le P-51 Mustang.

Supermarine Spitfire, chasseur emblématique de la Bataille d'Angleterre.

Encore une illustration de la capacité des Suisses à préserver leur patrimoine aéronautique : un très rare EFW C3605 construit à seulement 24 exemplaires.

L'Airbus A380 au cours d'une époustouflante démonstration durant laquelle le plus gros avion de ligne du monde est capable de virer dans un mouchoir de poche !

L'histoire de l'aviation militaire suisse à réaction : un Vampire de construction britannique (version biplace) mène une patrouille composée d'un Hawker Hunter, d'un Northrop F-5 (celui-ci est toujours en service) et d'un Mirage III.

Evocation de l'aviation d'entraînement des années d'après-guerre : un Bucker mène deux Pilatus, un P-2 et un P-3.


Hawker Hunter de construction britannique. Ce chasseur fut développé dans les années 50 et utilisé par l'armée suisse jusqu'au milieu des années 1990. Pas moins de 5 Hunter furent présentés en vol à Payerne !

Encore une rareté et une oeuvre d'art dessinée par le père du Constellation. Le nombre de Lockheed P-38 en état de vol dans le monde se compte sur les doigts d'une main... Cet avion de chasse bimoteur est connu en France pour avoir été l'avion d'Antoine de Saint-Exupéry, et celui avec lequel il a disparu en Méditerranée en 1944.

Le Yakovlev Yak-3, chasseur russe de la Seconde Guerre mondiale, utilisé notamment par les pilotes français du régiment Normandie-Niémen.

Le Dewoitine D.26, utilisé en Suisse des années 30 jusqu'en 1948. C'est l'un des premiers monoplans avec une aile métallique.
Le seul Morane-Saulnier 406 en état de vol dans le monde, ici en patrouille avec un F/A-18 de l'armée suisse. Il était le principal chasseur de l'armée de l'air, avec le Dewoitine D-520 et le Curtiss H-75 durant la bataille de France en 1940. Les Suisse en ont utilisé quelques exemplaires.

Le Blériot XI de Mikael Carlson, le même que celui de Louis Blériot lorsqu'il traversa la Manche en 1909.